Et si peut être, … ? Octobre 2006
En cette année préélectorale, il est une réflexion qui viendra à l’esprit de chacun : alternance politique ou continuité politique. Il est clair que la France s’est érigée en champion de l’alternance politique puisque depuis plus de 25 ans, aucune majorité parlementaire n’a pu obtenir deux mandats successifs.
La question pourrait se poser de savoir s’il s’agit d’une stratégie maîtrisée par nos concitoyens ou d’une situation subie conduisant systématiquement à un vote de dépit engendré par une conduite des affaires de notre pays marquée du sceau de l’immobilisme.
Un exemple récent pourrait nous faire hésiter sur la réponse à cette question : la durée du temps de travail. En 1997, la future majorité socialiste proposait une mesure phare : les 35 heures ! Aussitôt élue, le gouvernement socialiste, sous la houlette de Mme Aubry, menait à la hussarde un projet conduisant à réduire pour tous, dans le même moule, la durée du temps de travail. Objectif : partager le travail et réduire le taux de chômage. Quelle drôle d’idée ! Comme si travailler moins ne conduisait pas à créer moins de richesse, à mettre nos entreprises en difficulté, à l’heure d’une concurrence internationale toujours plus forte et au final à augmenter ce taux de chômage. Certains d’entre nous qui ont des ancêtres paysans les ont imaginé se retourner dans leur tombe en apprenant que dans les périodes difficiles, il avait été décidé qu’il convenait désormais de travailler moins et de profiter du « temps libre ». Ceci étant dit, la loi républicaine a été mise en œuvre avec l’assurance par le gouvernement de l’époque que tout cela se ferait sans perte de productivité et sans perte de pouvoir d’achat !
L’alternance de 2002 a conduit Mr Raffarin aux affaires. Il est apparu alors, après la crise de la canicule de 2003, une nouvelle idée : pour dégager une richesse supplémentaire afin d’aider les personnes âgées à passer ces temps difficiles, il convenait de travailler une journée de plus par an ! Bigre ! Là aussi la loi républicaine a été mise en œuvre. Avec des modalités diverses : là en travaillant quelques minutes de plus par jour, là en travaillant le lundi de pentecôte ou encore comme les enseignants en travaillant sans les élèves ! Toujours est il que cette mesure nous aurait permis, aux dires des experts, de produire plus de richesse pour un montant équivalent à 2 milliards d’euros. Et là apparaît tout le génie politique français ! Vous réduisez le temps de travail avec un gouvernement socialiste, cela ne coûte rien, vous le rallongez avec un gouvernement de droite et vous gagnez 2 milliards par jour ! Certains de mes amis n’ont pas hésité : ils ont déposé un brevet international dès le résultat connu. Hélas pour eux, aucun pays à l’exception de l’hexagone, ne s’est intéressé à une démarche politique aussi subtile.
Devant ce désintérêt pour cette stratégie géniale, une question pourrait nous effleurer l’esprit : et si les autres pays avaient peut être raison de ne pas s’y intéresser.
Et si peut être, tout comme travailler plus conduit à la production de plus de richesse, travailler moins, comme le propose les socialistes avec la généralisation des 35 heures, conduisait à réduire cette production, à réduire notre pouvoir d’achat et conduisait finalement à l’affaiblissement de la France ?
Et si peut être, laisser filer le déficit budgétaire avec des plans démentiels comme nous les proposent les socialistes, c’était laisser des dettes à nos enfants ?
Et si peut être, revenir sur les lois sur les retraites c’était à nouveau enclencher le mécanisme d’une bombe à retardement ?
Et si peut être, revenir sur les lois sur l’immigration et la sécurité, c’était accepter de façon fataliste une situation qui rend la vie de nos concitoyens les plus fragiles toujours plus difficile ?
Les élus socialistes d’opposition de notre conseil municipal nous ont bien résumé leur philosophie par une phrase lancée lors d’un récent conseil : « les gens, il faut les faire rêver, vous ne les faites pas rêver ! ». Doux rêve préélectoral qui se transforme en cauchemar dans les mois ou années qui suivent : hausse de la fiscalité, hausse de l’endettement public, hausse du prix de l’eau, hausse des dépenses courantes,… Aujourd’hui à Venelles, les élus de la majorité municipale travaillent encore pour réduire les conséquences des décisions prises par ceux qui voulaient nous faire rêver hier.
Et si peut être il était temps de changer de stratégie politique pour maintenir notre pays sur le cap des réformes dont il a besoin et que la majorité UMP a commencé à mettre en oeuvre ?
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